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Feu ! Chatterton - Interview - 19.02.2016Image (2016)

En pleine tournée ascensionnelle consécutive à la sortie d’Ici Le Jour (A Tout Enseveli) – pleinement salué par la critique – Clément, l’un des deux guitaristes émérites du groupe, fait le point sur la situation. Il n’y a certainement pas de fumée sans feu et le moins que l’on puisse dire c’est que le groupe a œuvré ardemment pour en arriver là…

Rocklg : En un peu plus d’une année, votre cote de popularité est montée en flèche, vous avez ensuite sorti votre album et vous avez multiplié les apparitions télé et autres… Comme se gère le succès ?

Clément : De façon très simple car on est vraiment dans une bulle et le fait qu’on soit cinq, plus notre équipe technique et que l’on soit constamment en tournée font qu’on ne se rend pas vraiment compte de ce succès. C’est plutôt en faisant des interviews ou lors des repas de famille, voire quand on croise des amis qu’on n’a pas vu depuis un moment, qu’on se rend compte que les gens sont impressionnés par le parcours que l’on a fait. Et puis le fait d’être à cinq pour la création musicale fait que l’on n’a pas besoin de s’ouvrir à des avis extérieurs, pour nous c’est suffisant. Du coup, on est dans un cocon et on est préservé de l’extérieur. En même temps, on est assez conscient que ce n’est pas non plus un succès fulgurant ! On n’a pas sorti un tube énorme sur Internet… On est plutôt sur la durée, on n’a pas rempli des salles du jour au lendemain. Ça a été très progressif en un an et demi, deux ans.

Rocklg : Votre musique se prête à des salles à taille humaine avec une valorisation des textes, pas forcément pour des grandes salles démesurées ?

Clément : En fait, on ne s’est pas fait la réflexion. On fait vraiment la musique qu’on veut depuis qu’on a commencé dans nos chambres de lycéens puis dans des caves. On n’a jamais répondu aux sirènes des succès. Du coup, je pense que la musique que l’on sort aujourd’hui, elle est assez fraîche. On va continuer dans cette voie. Mais en revanche, pourquoi pas un succès populaire ? Si l’on continue à faire la musique qu’on veut sans faire de concession. Parfois on fait certaines émissions de télé comme les Victoires de la Musique ou chez Dave et les gens en rigolent. Mais comme on ne fait aucune concession sur la musique que l’on veut faire, ni sur les arrangements, ni sur les compos ni sur les textes... Tous les éléments qui font que la musique peut devenir plus FM, on n’en a rien pris donc on n’a aucun problème à passer dans ces émissions populaires. Après, si on doit remplir des salles beaucoup plus grosses, on se posera la question plus tard. Pour le moment, on n’est pas restreint par ça.

Rocklg : Racontez-moi la sortie de votre album Ici Le Jour (A Tout Enseveli ) ?

Clément : Très simplement. On se surprotège justement parce que l’on est cinq. On débat toujours de ce qui se passe autour du groupe et notamment de l’artistique. Du coup, on s’est soutenu et, en plus, on a de la ressource. Beaucoup de titres datent du début du groupe, comme « Harlem » qui a été composé au tout départ, il y a quatre ans… Du coup on a tout bonifié au fur des années et on savait qu’on avait de bonnes choses. On n’a jamais arrêté de composer durant les quatre années du groupe et à force de les jouer, on savait qu’on n'allait pas dans le mur et qu’on faisait les choses correctement avec patience et application. Donc on n’a pas ressenti ce grand vide après la sortie de l’album. Mais ça a été un travail très long avec la pré-production, le studio… on n’a jamais pris ça à la légère.

Rocklg : Le jour de la sortie, vous vous êtes précipités pour aller regarder les critiques ?

Clément : Oui on a regardé et effectivement ça peut être obsédant si tu as trop de critiques négatives. Ça n’a pas été notre cas à quelques très rares exceptions près, on n’a eu que des superbes critiques ce qui est aussi un peu flippant. Mais bon, tu prends et c’est très agréable.

Rocklg : Votre musique est une belle synthèse alchimique de chansons à texte, de rock, d’un poil d’électro avec un groove parfois exacerbé. Finalement, ce sont les textes qui influencent la musique ou l’inverse ?

Clément : Les deux se nourrissent en réalité, on n’a pas de recettes types. Des fois ça part de moi, de Seb ou d’Antoine qui proposons des mélodies, parfois c’est un texte qui arrive avant… Parfois, c’est juste une idée en jam, chez nous il n’y a aucune règle pour faire une chanson. Je te donne deux exemples différents : sur « Côte Concorde », c’était un concours de circonstances où Arthur commençait à s’intéresser au vendredi 13, au naufrage du Costa Concordia et, au-delà du fait divers, il voyait un alignement de coïncidences qui permettait de parler de différentes choses. La superstition du vendredi 13, la chute de Strauss Kahn, le naufrage qui emportait une population assez riche dans un cadre faussement luxueux… Donc cela permettait de parler de pas mal de choses. Et en même temps, je travaillais sur une orchestration assez maritime…

Rocklg : … oui ça me faisait penser à des pluies de guitares un peu apocalyptiques d’un Tiersen par exemple…

Clément : … merci ! Du coup, les deux sont allés ensemble et Arthur s’est donc encore plus mobilisé sur les textes en écoutant cette mélodie et c’est comme ça qu’on a fini cette chanson. D’un autre côté, pour un titre comme « Harlem », la chanson avait été quasiment écrite et composée en même temps. Arthur revient avec son texte des USA, il commence à le parler. On n’avait la base mais c’était assez plat. Il manquait la clé. Et le fait que l’on parle des noirs américains et d’Harlem, ça a donné l’idée à Antoine et Raphaël de faire ce groove genre funk lent des seventies. Dans ce cas-là c’est donc le texte qui a inspiré la finalisation de la musique.

Rocklg : On va se projeter un peu. Votre premier album est également l’héritage de chansons que vous avez traînées depuis vos débuts. Là, vous repartez de copie blanche, avec un contrat Barclay et une sorte de pression populaire. Comment allez-vous aborder les choses pour le deuxième album ?

Clément : On commence à y réfléchir et on aimerait que ça aille assez vite parce qu’on est assez chaud. Finalement, on a composé tellement de choses, on ne faisait que ça, on passait nos nuits entières à faire ça. Donc il nous reste pas mal de matière, des choses qui ont pris du temps. On n’est pas encore dans cette urgence… Mais bien-sûr, signer dans une major et le fait qu’ils aient mis beaucoup d’argent sur notre album fait qu’ils ont envie que dans le lot de chansons d’un album, il y ait des choses qui marchent très bien. Et puis, les trucs qui bougent et qui font danser les gens, on aime ça ! Quand on fait « La Malinche » et quand on fait « Boeing », on est dedans mais on essaye de faire les choses intelligemment et avec goût. On ne fera jamais dans le très populaire, on ne sait pas faire. Mais on ne sait jamais… on continue de composer, d’écrire et de peaufiner, c’est très progressif chez nous.

Rocklg : Toi qui est guitariste, qui sont tes modèles, tes influences de guitaristes ?

Clément : On est très fan de Radiohead et donc le premier qui m’a marqué c’est vraiment Johnny Greenwood, à la fois parce qu’il a un jeu non conventionnel, un son et des pédales de malade sans aller trop loin dans l’expérimentation et il fait les arrangements de cordes, de claviers… Par la suite, j’ai découvert son travail en tant que compositeur de musique de film. Après, j’ai appris la guitare sur l’unplugged de Clapton et puis j’adorais le jeu très aérien et très clinquant de Grace de Jeff Buckley.

Rocklg : Question traditionnelle pour nous. Dans vos rêves les plus dingues, qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter ?

Clément : Que le groupe marche et que l’on soit tous individuellement heureux de faire la musique que l’on fait et de faire de la musique toute notre vie, c’est notre souhait le plus cher.

Merci à Clément pour sa disponibilité, pour son implication et pour la qualité de ses réponses. Bonne route et longue vie. Kenavo.

Retrouvez le live report du concert de La Carène à Brest.

Propos recueillis par Jean

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