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Ghost - La Paloma - 10.02.2016Image (2016)

Date et lieu :

La Paloma, Nîmes – 10 février 2016

Live report :

C’est un froid mordant et une salle de La Paloma flambante neuve qui nous accueillent à Nîmes ce soir. Le rendez-vous avec les six suédois de Ghost est pris depuis un certain temps, après avoir religieusement poncé leurs trois albums, et égrainé leurs performances live sur le net.

Pour mémoire, on a une bande de satanistes assumés et décomplexés, venus de Linköping pour nous convertir, à grand renfort de masques, d’identités secrètes et de jeux de scènes grandiloquents, le tout drapé dans un somptueux doom metal orienté rock-seventies-prog-pop (à tes souhaits). Bref, la grande complète Luciférienne, sauce scandinave. Les Papa Emeritus, leur leader, sont tour à tour couronnés puis démis de leurs fonctions à chaque album, au cours de cérémonies aussi officielles qu’improbables. Les Nameless Ghouls assurent l’instrumental et ce n’est rien de le dire. Pragmatiques, nous troquons la première partie contre deux verres de rosé et grimpons quatre-à-quatre les escaliers juste en face de la buvette. Décision hasardeuse qui s’avère rapidement un choix judicieux : nous voilà accoudés à la rambarde des gradins, super à l’aise avec une vue imprenable sur la nef diabolique.

Cette fois-ci, pas de fosse, pas de pogo. Avec des fans gravés dans le marbre comme Phil Anselmo, James Hetfield et Dave Grohl, UN PEU qu’on va se l’faire ce gig mais en mode dégustation quatre étoiles #onenperdrapasunemiette. Les chants grégoriens et la chorale nous mettent tranquillement dans le bain quand deux curieux personnages vêtus de noir viennent retirer les étoffes sombres qui recouvrent la batterie et le keyboard, d’un pas chorégraphié et en parfaite symétrie. Tandis qu’un vitrail émeraude fort énigmatique se dessine en fond de scène, les Ghouls se mettent en place, déchaînant une évidente hystérie. Le temps que nos cerveaux saturés d’informations se rendent compte qu’ils sont en train d’ouvrir sur « Spirit » (marche militaire à la gloire de l’absinthe), premier morceau du dernier album Meliora. La douche centrale s’allume et Papa Emeritus apparait. LITTERALEMENT. La magie prend instantanément. Le groupe s’empare du public, leur message est parfaitement clair : les patrons, ce sont EUX, le rouleau compresseur est lancé et personne n’en sortira indemne. Ils jouent comme si leurs vies en dépendaient. Pas de tour de chauffe, pas de suspens de début de concert, ni tremolo dans la voix, ni faille, ni flottement, ces gars-là, ils ne sont pas venus pour beurrer les sandwichs. Ils grillent sans état d’âme leur cartouche « deluxe » pratiquement d’entrée de jeux. « From The Pinicle To The Pit » est le morceau suivant, pas loin derrière « Cirice ». Impressionnés par tant d’audace, on peut pourtant deviner sous le masque des Ghouls un sourire malin : « Régale-toi, arrête de réfléchir, y en a encore sous la pédale ». Et diable OUI. De mémoire, dans le désordre, et sans le numéro complémentaire: « Ritual », « Conclave Dio », « Majesty », « Stand By Him », « Absolution », « Year Zero », « Mummy Dust », « Deus In Absencia »… liste non exhaustive. Entre une main au cul du bassiste et une blagounette de cymbale au batteur, Papa danse le flamenco, change de costume et envoie des bonnes sœurs distribuer une hostie douteuse sur « Body And Blood ». Je ne sais pas trop pour le satanisme mais en tout cas ils ont la connerie grave et l’amour du job bien fait. Amateurs d’improvisation sauvage passez votre chemin. La performance est strictement identique à celle des albums mais elle n’en est pas moins savoureuse. Les guitaristes solistes à tours de rôles font preuve d’une rigueur et d’une technique à couper le souffle. La rythmique est un mur aussi impénétrable que les voies du seigneur et le keyboard est un peu comme la cerise défendue sur le gâteau maudit. La gestuelle de chacun des protagonistes masqués, leurs charismes, en disent bien plus long sur leurs tempéraments respectifs qu’un regard, un visage ou un sourire. Enfin leur générosité et leur volonté d’interagir avec le public en font des personnages très attachants. Les pics, drumsticks et autres tee-shirts volent dans la salle toute la soirée.

Ils serrent des mains, donnent du « check » envoient des bisous et font des cœurs avec les doigts, c’est cro, cro, mignon tout plein.

La fin du show s’amorce sur de l’acoustique, la magnifique reprise de Rocky Erickson « If You Have Ghost » et une majestueuse leçon de chant du leader à faire dresser la fourrure (j’ai même pas pleuré d’abord)… (ok j’étais pas loin). Le clou qui verrouille le cercueil c’est « Monstrance Clock ». Car comme Papa nous l’explique lui-même, ils « finissent TOUJOURS avec Monstrance Clock » Bon ben nous ça nous va bien. On sort de là avec une impression mitigée cochon-d’inde: avoir rêvé éveillé et/ou avoir été renversé par une moissonneuse-batteuse. Hey Ghost, on va se revoir c’est certain. Au nom du Papa Emeritus, de ses cinq bêtes de scène de fils et du (mal)sain esprit, nemA.

Sheena

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