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Midnight Oil - Diesel And DustImage (1987)

Pistes:

1. Beds Are Burning
2. Put Down That Weapon
3. Dreamworld
4. Arctic World
5. Warakurna
6. The Dead Heart
7. Whoah
8. Bullroarer
9. Sell My Soul
10. Sometimes
11. Gunbarrel Highway

Musiciens :

Peter Garrett (chant) - Peter Gifford (basse) - Rob Hirst (batterie) - Jim Moginie (guitare, claviers) - Martin Rotsey (guitare) ...

Critique:

Diesel And Dust, de l'essence et de la poussière, voilà comment se présente très sobrement le
chef d'oeuvre de Midnight Oil, entièrement consacré à la population aborigène de l'Australie, à la fois un témoignage bouleversant et un hommage sincère au véritable peuple de l'Australie et de ses ancêtres. Après déjà bientôt dix ans d'une carrière marquée par la sincérité et l'intégrité, Midnight Oil livre un disque fabuleux, à la chaleur et à la puissance évocatrices rares.

Dès le premier titre de l'album, « Beds Are Burning » et qui deviendra un hit planétaire, la messe est dite : « The time has come/To say fair's fair/To pay the rent/To pay our share/The time has come/A fact's a fact/It belongs to them/Let's give it back/How can we dance when our earth is turning/How can we sleep while our beds are burning ». Midnight Oil milite pour la conservation du territoire aborigène. C'est aux aborigènes qu'appartient l'Australie, ils furent présents sur cette terre avant même le « Temps du rêve » des Anciens, et c'est légitimement à leur peuple qu'appartient l'Australie. L'Australie appartient aux aborigènes de la même façon que les aborigènes appartiennent à l'Australie. On retrouve ce message sur l'exemplaire et magnifique « The Dead Heart”, où là encore le propos des Oils se fait revendicatif : « We don't serve your country/Don't serve your king/Know your custom don't speak your tongue/White man came took everyone/ We don't serve your country/Don't serve your king/White man listen to the songs we sing/White man came took everything/We carry in our hearts the true country/And that's cannot be stolen/We follow in the steps of our ancestry/And that cannot be broken ». “The Dead Heart » est très certainement l'une des meilleurs chansons de l'album avec une superbe mélodie principale, enivrante à souhait, et qui nous fait respirer le Coeur de l'Australie, ses déserts et ses peuples. C'est également le cas avec « Warakurna », qui a ma préférence et à qui je décernerai une mention spéciale, tant le morceau est réussi et envoûtant, et qui à chaque nouvelle écoute nous transporte sur les terres australiennes, dans un admirable déluge de poésie et de musicalité. Le désert, les paysages et les routes de cet Etat-Continent qu'est l'Australie sont encore présents sur « Gunbarrel Highway » et « Bullroarer », où Peter Garrett et le reste des Oils nous invite à un voyage à travers les interminables autoroutes qui relient les grandes villes du pays, entre bitume et bush, entre asphalte et désert. C'est d'ailleurs avec « Gunbarrel Highway » que l'album se termine, lorsque l'auditeur accompagné de Midnight Oil emprunte cette longue route, et dont personne ne connaît l'issue. Une route qui n'a certainement d'autre nom que la Vie.

Avec « Dreamworld » et le martèlement de sa rythmique, puis avec « Arctic World », on plonge avec délice dans une sorte de rêverie poétique intemporelle, qui parvient à émouvoir notre coeur et notre âme. « Sell My Soul » et « Sometimes » comptent probablement parmi les titres les plus fracassants de l'album, deux hits en puissance, à la rythmique très solide, alliance de guitares rugueuses et de la batterie vigoureuse de Rob Hirst pour un résultat plus que convaincant.
Si « Whoah » est peut-être le seul titre de l'album un peu à part, « Put Down That Weapon » est encore une fois une vraie merveille au milieu d'un océan d'excellence. Violente diatribe antinucléaire et anti-armes à feu, il s'agit de l'un des meilleurs morceaux à mon sens de l'album, avec « Warakurna » et « The Dead Heart ».

Finalement les mots me manquent pour décrire ce qu'on ressent à l'écoute de Diesel And Dust, tant cet album s'approche de la perfection. Tout au long des onze titres que propose le disque, on respire et on inhale littéralement toutes les odeurs de l'Australie et de sa multitude de paysages et de peuples; et ce de la même façon que les deux ou trois premiers albums du groupe sentaient la chaleur et l'ambiance des pubs australiens, entre essence et bière, très loin des cartes postales stéréotypées de l'Australie avec ses filles, ses plages et ses planches de surf. Diesel And Dust est non seulement un manifeste poignant en faveur de la cause et du peuple aborigène, mais Diesel And Dust est aussi un fulgurant hommage à un pays vaste et complexe, qui oscille entre tradition et modernité, entre culture et civilisation, entre jungle désertique et jungle de béton. Je n'ai plus grand-chose à ajouter (moi qui pourtant suis si bavard à l'égard des choses qui me passionnent et m'intéressent) sinon qu'il est absolument honteux de passer à côté d'un disque aussi grandiose, et qui ouvre cette fois de façon définitive les portes de la reconnaissance internationale à un groupe à l'exemplarité et à l'intégrité trop rares pour ne pas être mentionnées.

Mon avis: une merveille, très proche de la perfection. L'un des meilleurs albums rock de ces trente dernières années, qu'il devrait être obligatoire de posséder.
Ma note: 20/20.

Vincent FUHRER
Rockin The Free World

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