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Lenny Kravitz - Zénith de Nantes - 16.05.2009Image (2009)Anthologique


Date et lieu :

Zénith de Nantes Métropole - 16 mai 2009

Commentaires :

Lors du Love Revolution Tour, Lenny Kravitz avait déjà rempli deux Zénith à Paris les 30 juin et 2 juillet 2008. Quelques mois auparavant, le New Yorkais et néo Parisien faisait une apparition à La Cigale pour un concert presque privé d'anthologie. Peu de temps après, Lenny surprend par l'annonce de nouvelles dates françaises pour 2009, avec un planning qui s'étoffait un peu plus au fil des mois pour atteindre près de 25 dates françaises. 20 ans après la sortie de Let Love Rule, son premier album, Kravitz choisit de privilégier la France pour fêter son vingtième anniversaire. Une tournée marathon et événement.

Le 16 mai, première des deux dates Nantaises annoncées, est celle qui a affiché complet le plus rapidement sur la tournée.

Quelques mois plus tard, c'est la stupéfaction quand les producteurs de la tournée annoncent Chris Cornell en première partie de la moitié des dates françaises. Qui ça ? Ben Chris Cornell bordel ! Euh non, vraiment, je ne vois pas ! Encore un marmot qui s'prend pour Mike Brant ?. Presque. Chris Cornell est l'ancien leader de Soundgarden, groupe grunge influent dans les années 90, et d'Audioslave qu'il formait avec les ex musiciens de Rage Against The Machine. L'une des grandes voix du rock de ces 20 dernières années. En d'autres termes, plusieurs millions d'albums vendus, les plus grosses scènes et les plus gros festivals.

Ca fleurait bon la soirée du feu de dieu.

Tout dans la voix !

Le Zénith est plein à craquer, plus de 8 000 poussins dans l'oeuf… pour une ambiance de folie ! Ou pas. L'avant concert ressemble plutôt à une marche silencieuse de mormons dépressifs. Ca commencerait presque à cailler dans le poulailler. Glacial.

Timing millimétré, sur une petite musique de fond reprenant le thème de « Black Hole Sun », hit planétaire de Soundgarden, les musiciens prennent place. C'est non sans admiration mais aussi avec une pointe d'appréhension (vu les critiques unanimement mauvaises de son dernier album solo) que je vois Chris Cornell faire son entrée. Les applaudissements sont timides et les deux premiers morceaux durs à digérer… De la soupe électro. Et ce n'est pas la semi érection provoquée par les deux LesPaul des guitaristes qui rattrapera le coup. Mais putain quelle voix ! Cornell déploie d'entrée son timbre unique sur des morceaux qui ne l'aident pourtant pas. Les premiers applaudissements polis sont d'ailleurs pour sa voix. Calme et presque lymphatique, Cornell joue les anti stars. Le démarrage diesel annonce alors une issue difficile… mais pas du tout ! Le vent tourne au fil des morceaux, le groupe décoche « Be Yourself » (Audioslave) et quelques titres bien interprétés du répertoire solo de Cornell en passant par une version sidérante du « Billy Jean » de Michael Jackson. Tu sais, avec les poils qui se hérissent et tout.

L'étau se ressert et l'ex idole des grunges réchauffe le public qui lui rend un bel hommage. Sur la fin, des titres comme « Scream » (son dernier single) et l'excellente « Spoonman » de Soundgarden laissent une bonne impression générale avec une ovation méritée. Ce type est venu supporter humblement Lenny Kravitz malgré un cv déjà impressionnant. Chapeau bas Monsieur Cornell.

20 ans et pas une ride…

Presque trois quart d'heure d'attente, le temps que les roadies, sosies de ZZ Top ou Carlos Santana avec 30 kilos de plus, plantent le décor et finissent d'affûter les guitounes. De vieux ordinateurs, des amplis à deux têtes et un mur de néons tapissent la scène. Vintage les mecs, ça sent presque la naphtaline. Dans une ambiance chaude comme la braise, les lumières s'éteignent et seul un vieux bruit de métronome rythme les hurlements du public. Franklin, à la batterie, épaules de déménageur, lance les débats, « One, two, three, four » et « Freedom Train » peut commencer. Lenny arrive peu après et empoigne le micro. Postures sexy, déhanché et lunettes de soleil, la panoplie complète de la Rock star. Le son est énorme, la voix limpide… et le final donne les premiers frissons avec le solo de Craig Ross et une explosion d'instruments. Démarrage pleine balle ! « Bring It On », l'un des singles du dernier album, ne tient pas la comparaison et reste l'unique maillon faible de la setlist. Peu importe, les larmes de gosses reviennent sur « It Ain't Over Till It's Over », tiré de Mama Said. Tout un voyage. Le public entame les paroles, Lenny perd la vedette avant de la reprendre avec un large sourire. Grand moment de communion. Pas le temps de respirer, le groupe croche dans le rock avec le riff incisif de « Where Are We Running » toujours irrésistiblement efficace en concert avec un solo de clavier dantesque. Le bougre a décidé de ressortir des vieilleries, je reprends 20 piges dans les carreaux pendant l'intro d'un « Flower Child » démentiel. En mode best of, l'américain lance le moment détente avec une version sans fioriture, légère et funky de « I Belong To You » et l'éternelle « Believe ». Craig chauffe la Telecaster sur un solo fracassant. Poils qui se hérissent, acte deux.

« Dancin' Til Dawn » s'offre une version à rallonge, une dizaine de minutes de folie. Groovy baby ! La salle se prend au jeu et Lenny, comme tous les soirs, laisse son groupe en roue libre et chausse l'appareil reflex. Durant quelques minutes, il descend près de la fosse serrer des louches et prendre des photos façon « Public, je t'aime ». Les musiciens jamment pénards et Lenny lance, sur la rythmique, le refrain d' « Another Brick In The Wall » du Floyd, repris en choeur par le public. Ca peut puer le cliché mais sur le coup, ma vielle carcasse d'un bon mètre quatre vingt onze est en train de s'affoler comme un Travolta dans Saturday Night Fever.

Dans la cacophonie ambiante, Lenny Kravitz se pose derrière son piano à queue… Sans surprise, troisième et ultime titre du dernier album, « I'll Be Waiting » sonne la minute romantique. Mais est-ce bien raisonnable ? Oh oui, car le solo à rallonge de Craig sur la LesPaul, façon Jimmy Page joue sur la corde sensible et décape méchamment pendant plus de 5 minutes. Lenny se lève, toujours en admiration de son guitariste et lui souffle deux, trois mots à l'oreille… Pour une raison inconnue, « Mr Cab Driver » est éjecté de la setlist habituelle et le groupe enchaîne directos sur le trio de tueries final. Première balle avec le riff incisif de « Always On The Run », colossal. Deuxième rafale avec la sulfureuse « American Woman » et un énorme jam final. Coup de grâce avec « Fly Away » et là, tu t'envoles. Lenny s'arrache vite fait sous une ovation.

Retour, seul en scène avec sa gratte, sa gueule et sa voix. Lenny lance « Stilness Of Heart » qui ne me fait pas l'effet de La Cigale l'an dernier… le Zénith n'y met pas les tripes. Faut dire que, pour finir, « Let Love Rule » m'arrache le coeur et « Are You Gonna Go My Way » le piétine. Dantesque. Do you want it ? Do you really want it ? Je ne me remets toujours pas de « Are You Gonna Go My Way ». Vraiment pas. Un moment de pure folie où, l'espace d'un instant, l'animal refait surface avec une envie de tout fracasser. Un truc qui ne s'explique pas.

Malgré les jams à répétition, on pourra toujours reprocher à Lenny un léger aspect lissé et un chant plus aussi déchiré qu'il y a vingt ans, mais la performance est énorme. Encore. Ni lui, ni ses morceaux n'ont pris une ride. Anhologique !

Jean Jean

Setlist :

01 - Freedom Train
02 - Bring it on
03 - It ain't over till it's over
04 - Where are we runnin'
05 - Flower Child
06 - I belong to You
07 - Believe
08 - Dancin'till Dawn
09 - I'll be Waiting
10 - Always On the Run
11 - American Woman
12 - Fly Away

Rappel :

13 - Stillness of Heart
14 - Let Love Rule
15 - Are You Gonna Go My Way

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