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Arcade Fire, Peter Gabriel, Kasabian, ... - Festival des Vieilles CharruesImage (2007)


 Crédit Photo :

Hervé LE GALL Cinquième Nuit

Date et lieu :

Carhaix - 19 au 22 juillet 2007

 

 

 

 

Live report :

Des programmations en demi teinte, une baisse d'affluence générale constatée, les Festivals français n'ont pas forcément eu le vent en poupe cette année. Mais les Vieilles Charrues restent les Vieilles Charrues. Pour cette nouvelle édition, nous reprenons la route pour un pèlerinage de deux journées: le vendredi et le dimanche. Exit le samedi où Sean Lennon et Bryan Ferry ont sûrement été bons à voir, mais Joey Starr et Tryo m'ont fait fuir.

Vendredi: The Arcade « On » Fire...

Arrivée boueuse sur le site des Vieilles Charrues qui ont subi, la vieille, la pluie et le crachin, qui ont littéralement défoncés le champ. Une nouvelle fois, le festival bretons semble avoir des relents de Woodstock. Nous avons loupé le début d'après-midi, c'est Ayo qui termine son set sur la grande scène à notre arrivée. Plutôt orientée world music, la fin de sa prestation est assez énergique, avec de belles nappes de Rhodes ou d'orgue et un son assez groovy.

Direction la scène Kerouac pour le début du concert de Jacques Higelin. La dégaine un peu branlante, tout de noir vêtu. Le concert démarre, je trouve le son assez brouillon, sa voix trop rocailleuse, les guitares mal réglées... Entre rock n' roll un peu éteint et ballades façon love songs, Higelin ne me convainc pas. Nous allons faire un tour sur l'immense site de Kerampuill et avons la chance de voir un superbe spectacle de capoeira. De retour juste avant la fin de Higelin, je confirme que le bonhomme ne crée pas la folie... il a l'air de prendre son pied, tant mieux. Le public lui, n'a pas pris le sien.

Focus On : Peter Gabriel

Première grosse tête d'affiche internationale de cette édition, c'est au tour de Peter Gabriel de fouler la plus grande scène d'Europe. Pour ceux qui ne le situent pas réellement, c'est le premier chanteur et membre fondateur de Genesis (avant que Phil Collins ne prenne la suite pour y donner une direction bien plus commerciale). Je ne suis pas un grand fan des années 80, et ne connais pas beaucoup ce qu'il fait, mais je connais sa réputation sur scène, et tout le respect que le monde de la musique a pour lui. C'est donc avec beaucoup de curiosité que l'on se rapproche. Entrée en matière sur un premier titre assez expérimental, pas de quoi mettre une ambiance de folie, mais le public l'acclame avec insistance. Au bout de quelques titres, Peter Gabriel lit un texte en français pour expliquer qu'il a soumis, via le net, à ses fans, le soin d'élaborer leur set list. C'est donc sur cette base qu'il « dépoussière » (dixit lui-même) de vieux morceaux. Le set monte en puissance, le chanteur se lâche et partage son bonheur en rejouant de nombreux hits de ses quelques albums. Musicalement, c'est très carré et Peter possède également une voix en or. Un peu sceptique au départ, je suis assez conquis à la fin, et après le rappel et le final sur « In Your Eyes ». Le temps de quelques nuages, quelques gouttes sont tombées, amenant un formidable arc-en-ciel, s'ajoutant au nombreuses lumières de la scène. Un beau concert, pour un artiste généreux.

Remontée vers la seconde scène, l'heure du moment « rock français » a sonné. C'est Kaolin qui monte sur les planches en envoyant directement du morceau power pop. Guitares saturées, rythmes plutôt engagés, le groupe affirme une image bien différente de son single « Partons Vite » qui se pose au milieu, comme un cheveux sur la soupe. Le public chante un peu, et le groupe balance de nouveau son rock français... sans grande personnalité. Sympa, certes, le groupe s'en tire correctement, mais après Pet' Gab' et avant Arcade Fire, ça fait un peu juste.

Focus On : Arcade Fire

Il fait nuit sur le site des Vieilles Charrues. Dans leurs communiqués de presse, les organisateurs ont clairement placé d'énormes espoirs dans la prestation des Canadiens. Moi aussi d'ailleurs, c'est bien eux que je suis venu voir. Confiant, mais curieux tout de même. Le public connaît-il vraiment ce combo atypique ? Comment va-t-il réagir ?

Les espaces se font de plus en plus rares, la foule est dense, extrêmement dense. La scène est préparée spécialement pour eux. En plus des néons et spots multiples habituels, des minis écrans ronds sont placés tout le long de la scène. Les instruments sont nombreux finissent de décorer la scène. Un petit film d'intro lance le concert qui démarre en trombes avec l'excellent premier titre de Neon Bible (2ème opus) : « Black Mirror ». A ce moment là, il se passe quelque chose de magique. Une sorte de lien sacré se crée entre les Arcade Fire et le public. Surexcité, le public est en fusion et ne débandera pas jusqu'à la dernière minute. Les Canadiens assurent un show époustouflant, son et lumière. Les meilleurs titres de leurs deux albums s'enchaînent avec brio, de « Kepp The Car Running » à « Ocean Of Noise » ou de « No Cars Go » à « Crown Of Love ». Musicalement le niveau est extrêmement élevé, les instruments se mêlent naturellement tout en restant clairs et distincts. La voix de Win Butler (assez charismatique même si discret) n'est pas prise en défaut, pas une seule fois ! L'humeur est à la subversion. Parfois Win laisse sa place à la sympathique Régine Chassagne au chant qui, elle-même, emprunte claviers, batterie… Sur scène, cette activité, cette joie de vivre de jouer, de s'éclater est parfaitement palpable. Les musiciens s'amusent entre eux, pendant que Régine nous indique à quel point ils sont sur le cul par l'ambiance des Charrues. La conquête du public passe aussi par une surprenante reprise pêchue de « Poupée de Cire, Poupée de Son ». Pour ma part, les poils se sont hérissés sur la magistrale version de « Neighborhood 1 (Tunnel) » sans compter l'inoubliable final (avant rappel) avec la version à rallonge de « Rebellion (Lies) », le public donnant du coeur à faire les choeurs… Certainement l'un des plus grands « final » que j'ai vu à Kerampuil. Deux ou trois dernières chanson en rappel donnent encore l'occasion au festivalier de chanter à capella avant le retour d'Arcade Fire dans les coulisses, laissant derrière eux une foule aux yeux pétillants de bonheur, de bien-être. Un putain de concert ! Je n'y étais pas le samedi, mais je pense réellement que ce fût LE concert de l'édition 2007. ANTHOLOGIQUE !

Dimanche: Noah vs Kasabian...

La journée du dimanche m'attire plus par curiosité qu'autre chose... Premiers soucis, on apprend le matin que Sinead O'Connor et Klaxons ont été obligé d'annuler leur venue! C'est pas de chance!

Arrivée 18h30, juste avant le set de Rickie Lee Jones, durant la fin de Grand Corps Malade. Cette chanteuse de folk qui officie depuis près de 30 ans, entre en scène vêtue quelque peu hippie... mais elle n'est pas à Woodstock! Son folk planant et discret façon Joni Mitchell (mais en plus chiant!) n'arrive pas à décoller. Le public se fait assez rare devant la scène, certainement parti se rassasier avant Yannick Noah. Déception pour une chanteuse qui semble avoir barroudé durant tant d'années, et qui ne semble pas maîtriser les ficèles d'un bon concert de festival. 19h30, il est temps de descendre voir un peu ce que donne notre ex champion de tennis national!

Focus On : Yannick Noah

Arrivés tout de blanc vêtus, Noah, ses musiciens, et ses choristes tentent d'amener le soleil sur scène. De la world music, au carrefour de la pop, du rock, du reggae... Je ne suis pas un grand fan, loin de là, (surtout des paroles « tout le monde est beau, tout va bien, la vie c'est du soleil, ... ») mais en festival, ça peut être sympa. Durant la première demi-heure, le set ne décolle pas, l'ambiance non plus. Alors qu'il a tout pour réussir (musique populaire, textes français, morceaux connus), Noah manque un peu de communication. Puis, petit à petit, il reprend le dessus, lance des titres comme « Simon Papa Tara » et une très bonne version de « Saga Africa » durant laquelle, il se jette dans la foule. Les musiciens sont de qualité, l'ambiance monte, le public chante... le concert est sur des rails. Juste avant de partir, Yannick annonce qu'ils ont le temps pour une dernière, et se lance dans une très bonne reprise, très rock de « New York Avec Toi ». On n'est pas, obligé d'aimer, mais au final, il s'en tire bien.

Sinead O'Connor ayant annulé sa venue (pour cause de maladie...), les organisateurs ont déplacé Abd Al Malik de la petite à la moyenne scène. On l'a regardé de loin en buvant un coup, le devant de la scène est très diffus, il faut dire que les parents et leurs gosses ont foutu le camps après Noah. Les autres font comme nous, ils se réhydratent. Et bien finalement, j'ai du respect pour un jeune mec qui, au pied levé, change ses plans et qui s'en sort correctement avec une musique bien habillée (loin du rap de base), avec de la contrebasse, du Rhodes, …

Focus On : Kasabian

Alors que les Scissor Sisters ont dû annuler leur venue deux ou trois semaines avant l'événement, les organisateurs avaient réussi à les remplacer par le groupe anglais Kasabian. Consacrés « Meilleur groupe live 2007 » par le NME, les gars de Leicester ont maintenant une réputation à tenir. La nuit est largement tombée (la pluie commence, elle,...) les lumières s'allument, et Kasabian envoie le gros son. A la croisée de la pop british, de l'électro voire de la techno, Kasabian arrive a projeter un style assez personnel, même si très influencé par les Stone Roses et Oasis (de plus le chanteur s'est largement inspiré, dans la voix et le look, des frangins Gallagher). Par contre, je trouve le son un peu mal réglé. La batterie et le clavier sont omniprésents, mais les guitares à peine perceptibles... est-ce volontaire?

Très attendus au Festival de l'Isle Of Wight un mois auparavant, Kasabian ne bénéficie pas encore d'une énorme popularité chez nous. Pour autant, le public accroche plutôt bien, même si peu de titres sont connus. Et le chanteur, malgré « une grosse tête » déjà palpable, essaye de bien communiquer. Avec quelques bons titres forts, quelques montées en puissance et un titre final assez pêchu, Kasabian livre un spectacle de qualité... mais pas tout à fait cohérent avec leur réputation scénique. Après avoir vu Arcade Fire le vendredi, le NME aurait peut-être changé son fusil d'épaule...

En bref, les Vieilles Charrues, c'est toujours aussi sympa, avec une organisation impressionnante, un site décoré de toute beauté... mais une programmation à renforcer pour la prochaine édition. Mais je le répète, qu'importent les critiques, j'ai vu Arcade Fire et rien que pour ça, c'est énorme. Fin de citation.

Jean Jean

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