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Savages - Interview - 15.06.2013Image (2013)

Silence Yourself, premier album du quatuor féminin londonien, empile depuis sa sortie une collection impressionnante de critiques dithyrambiques. Mais pour Savages, les choses sont claires : ne pas perdre l’essence même de la passion et de l’envie. En pleine tournée et avant d’aborder les gros festivals d’été, Jehnny, brillante chanteuse du groupe, nous a répondu avec beaucoup d’ouverture, de réflexion et de précision. Retour sur notre interview courte mais intense.

Rocklgends : En France, le nom de Savages commence sérieusement à se répandre comme une traînée de poudre suite à la sortie de Silence Yourself. Tu t’attendais à ça dans un pays où le rock n’est absolument pas culturel ?

Jehnny : Quand on démarre un projet, on ne pense pas à ce que va être la réaction des gens, c’est toujours une surprise. On pense d’abord à se plaire à soi et à faire un projet qui nous excite. Il n’y a pas de pensée par rapport à ça. Et je suis toujours étonné qu’on pense que notre musique est difficile d’accès… Je pense que les jeunes en France ont tout de même une culture rock, même si elle est plus anglo-saxonne. Il y a eu une sacrée scène française dans les années 80 et tout un tas d’artistes qui ont fait des choses assez rock. Je ne pense pas que ça soit impossible en France car les français aiment Foo Fighters ou QOTSA, ils aiment le rock… j’en ai l’impression.

Rocklegends : Ce premier album, bien que travaillé en terme de production, a un son brut, une énergie incroyable… C’est quelque chose qui vous vient de la scène ?

Jehnny : C’est sûr qu’au départ on a écrit ces morceaux pour la scène. On ne pensait pas du tout passer par l’étape studio, ce n’était pas le but. Donc on a écrit des morceaux en pensant à une performance, à une émotion à créer. Construire des morceaux sur une conversation, utiliser des silences, des arrêts, penser au groove, penser à adresser les mots, que chacun ait sa place…. Essayer d’utiliser  la musique comme un média pour exprimer et communiquer des choses. Ensuite on s’est mis à jouer et à tourner pendant un an et demi et les morceaux ont évolué avec nous. Le public, surtout en Angleterre, a pu suivre notre évolution. Du coup on a un rapport très particulier avec le public anglais car il a vu nos morceaux à l’état d’ébauche… On était très libre d’essayer tout un tas de choses et le public nous a soutenu.

Rocklegends : Ce qui frappe à l’écoute de Silence Yourself, en plus de l’électricité et la tension ambiantes, c’est la grande qualité de l’ensemble des titres. Il n’y a pas de temps faibles ni de baisses de régime. Comment s’est déroulé le processus de composition et d’écriture ? En combien de temps ?

Jehnny : Comme je te disais, on a écrit sur la route durant quasiment un an… La partie studio, à Londres a duré trois semaines, tous les jours, c’était intense. L’idée était de retranscrire l’énergie du live sur album. C’est pour ça qu’on avait sorti un EP live juste avant, c’était une sorte de première étape pour s’enregistrer et s’écouter sur notre tournée pour voir comment ça sonnait. Après, on était donc en studio avec Johnny Hostile et Rodaith. Etre avec John était une évidence, il était déjà producteur de l’EP et du premier single et moi je travaille avec lui depuis des années (NDLR : dans John & Jehn). En plus il y avait une grande connexion entre lui et Gemma notre guitariste, ils ont le même rapport à la musique donc c’est très facile de communiquer. Pour décrire un son par exemple, sur le premier single « Husbands », elle voulait entendre le bruit de la lave d’un volcan qui craque dans l’eau ! Elle avait vu ça dans sa collection de film de super 8… Elle voulait recréer ce son et John a tenté et a réussi complètement à le refaire. Il a aussi apporté toute l’intro de l’album, c’est aussi lui qui a suggéré d’utiliser le film de Cassavetes… Il y avait une vraie connexion artistique. Rodaith était là pour nous cadrer, pour nous rappeler qu’il fallait avancer, c’était notre montre.

Rocklegends : Je voulais faire un zoom sur « Marshal Dear », dernier morceau de l’album. C’est une ouverture radicalement différente de votre musique. Un morceau à l’atmosphère vaporeuse sur fond de piano et de guitares éthérées avec ce splendide solo de Clarinette. Est-ce que Savages pourraient davantage explorer ce style sur un deuxième disque plus arty ?

Jehnny : « Marshal Dear », c’est une sorte de bijou à la fin, comme un cadeau… C’est comme dire « vous avez enduré tout cet album là et on va vous récompenser… ». Ce titre marche et fonctionne pour cette raison. Après, Savages restera Savages, on ne se mettra pas à faire des ballades. Mais ça se complète bien et pourquoi pas faire une série de morceaux sur ce ton là… Mais c’est vrai que c’est une autre facette, moi je fais du piano depuis toujours, donc j’aime ça aussi…

Rocklegends : Vous tournez depuis plus d’un an maintenant, parmi les artistes que vous avez croisés, lesquels vous ont le plus impressionnés voire inspirés pour vos concerts ?

Jehnny : J’ai vu Swans et c’est vraiment pas mal. On va jouer quelques festivals en commun. Ce sont les plus beaux concerts que j’ai vus cette année ! J’ai vu Schellac aussi au Portugal il y a deux semaines… Pour moi c’est un amour depuis longtemps. Quand j’ai commencé à faire de la musique et à apprendre les bases, j’apprenais les base de Shellac… et en concert ils sont supers. Après, on a fait de belles rencontres comme Josh Homme de QOTSA et on va partir en tournée avec eux aux USA à la rentrée et puis j’ai rencontré Ian MacKaye du label Dischord, ça a été une belle rencontre, très importante pour moi. C’est une grande inspiration pour John et moi et pour Pop Noire depuis toujours.

Rocklegends : D’ailleurs avec vos ambiances sombres, votre décorum monochrome et votre musique, avez-vous l’impression de représenter une certaine forme du « danger » ?

Jehnny : Malgré notre noirceur, il y a un vrai sentiment positif chez les gens qui sortent de nos concerts. Quelque chose d’assez direct, une vraie communion, c’est une tradition du rock & roll qu’on perpétue…

Rocklegends : Pour finir, que peut-on souhaiter ou rêver de mieux pour Savages ?

Jehnny : De ne jamais perdre la première intention pour laquelle on a démarré le groupe… garder cette essence là… C’est quelque chose de très personnel à chacun et chacune, c’est quelque chose de très intime donc difficile à expliquer. C’est l’amour de la musique, il faut garder ça avec nous…

La route est encore longue et belle pour Savages... un grand merci à Jehnny pour sa gentillesse.

Propos receuillis par Jean Jean

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