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Arctic Monkeys, Detroit, Breton, ... - Festival Vieilles CharruesImage (2014)

Crédit photo :

© Hervé Le Gall

Date et lieu :

Festival des Vieilles Charrues, Carhaix – 19 juillet 2014

Live report :

Après une année 2013 serrée comme un goulot où le festival a connu un déficit qui aurait pu lui être fatal sans l’excellente gestion de ses organisateurs, le Gouel An Erer Koz comme on dit là-bas s’en tire avec les honneurs et un fond de caisse solide cette année : 175 000 entrées payantes pour 225 000 bestiaux au total. Le plus grand festival de France et l’un des plus grands du vieux continent reprend ses droits…

Comme toujours, la programmation excessivement éclectique de Carhaix a vu passer sur quatre jours Elton John, les Black Keys, Fauve, Skip The Use, Stromae (qui ?), Franz Ferdinand, Indochine, 30 Seconds To Mars ou encore Etienne Daho. Les colonnes vibrantes de Rocklegends ont succombé au samedi électrique des Charrues qui ont traîné au milieu du Poher, Alex Turner et ses potes des Arctic Monkeys. Mais l’autre événement était sans contestation possible le retour inespéré de Bertrand Cantat sur Kerampuilh après le concert devenu légendaire de Noir Désir en 2001 devant 80 000 personnes.

15h15 sonne l’arrivée sous un soleil de plomb à peine nuancé par quelques gros cumulus bien tassés mais peu efficaces. Il fait chaud… et la Carlsberg est bonne. Benjamin Clémentine entame son set. Ceux qui ont aimé retiendront une belle voix, puissante et des mélodies plutôt jolies. Les autres retiendront un peu trop de redondance, un artiste agréable mais terriblement discret (voire malade ?) caché derrière sa veste longue fermée du début à la fin… Mais le parterre des Charrues sera surtout charmé par sa reprise de Charles Aznavour, « Emmenez-moi », chanté phonétiquement avec beaucoup d’humilité. Bien vu.

Les londoniens de Breton prennent la suite sur la grande scène pour un set péchu et généreux. Leur pop post moderne est clairement entraînante et l’énergie communicative transmise par le groupe et son leader - qui s’adresse dans un français étonnant – font mouche à une heure pourtant délicate (16h et des bananes). Au final, Breton offre un set carré, groovy, habité et bigarré : électro, rock, indé, hip hop, lumières et images s’entrechoquent pour un rendu convaincant. Première bonne surprise d’une belle journée…
 
L’heure est aux Red Goes Black pour les uns et à la préparation psychique et mental de Détroit pour les autres (dont nous…). Peu importent les raisons, Détroit, mené par Bertrand Cantat et Pascal Humbert, est attendu de pied ferme. Trop d’encre a coulé et trop de plumes acerbes ont griffé des pages et des pages de commentaires partisans. Détroit est là ce soir et Cantat renvoie les festivaliers aux souvenirs d’un exceptionnel concert de Noir Désir ici même, ici bas, aux Vieilles Charrues en 2001. Et lorsque les deux compères entrent seuls en scène pour jouer « Droit Dans Le Soleil », le cœur palpite et les oreilles bourdonnent… les premiers mots lâchés transpercent directement. Le public est déjà en ébullition et ne fait pas la fine gueule. Ceux qui rongent leur plaisir coupable doivent savourer en silence. Car l’artiste Cantat, celui qu’on est venu voir, est un monstre sacré. Les autres membres rejoignent le binôme sur scène et entament les morceaux d’Horizon, leur excellent premier album. Si la chanson titre donne quelques frissons et que « Le Creux De Ta Main » envoie ce qu’il faut de son pour rameuter les plus sourdingues, Cantat et sa bande n’oublient pas de souffler sur les cendres incandescentes de Noir Désir en ravivant la flamme devant un parterre blindé. « Fin De Siècle », « Le Vent L’Emportera », « Le Fleuve » ou « Lazy » déchaînent les foules mais pas encore autant que la pharaonique version rallongée d’avant rappel de « Tostaky »… et 60 000 chœurs qui saignent un « soyons désinvolte, n’ayons l’air de rien ! ». Dantesque. De retour, pour « A Ton Etoile » et « Comme Elle Vient », Detroit parachève majestueusement son set, le grand incendie. Ceux qui sont venus voir l’homme continueront à se poser des questions existentielles, ceux qui ont vu l’artiste ce soir ont pris une grande leçon de scène.

C’est Julien Doré qui a la lourde tâche de faire entracte après Détroit et juste avant les Arctic Monkeys. De loin, la petite gueule d’amour semble souriante et s’en tirer pas trop mal avec un public plus ou moins acquis à sa cause. Mais l’heure fatidique arrive. Les anglais - têtes d’affiches des plus grands festivals du monde (Coachella, Glastonbury, Lollapalooza…) - seront ce soir en Centre Bretagne. Clairement, on ressent la fierté affichée des programmateurs dans cette pêche au gros. Alex Turner, 28 barreaux au compteur, a bien évolué depuis ses débuts. Dégaine rockabilly, pastiche réussie de Richard Hawley, le gamin a une classe d’enfer tout comme son groupe sobre mais efficace. Le décor est à l’image du groupe, concis mais classieux : l’onde d’AM en fond, quelques lumières bleutées ou rougeâtres mais pas d’artifices outranciers. Si les Arctic Monkeys ont l’un des catalogues les plus monstrueux de ces quinze dernières années, ponctué par un colossal dernier album, leur jeu de scène manque un poil de spontanéité et de communication. Malgré tout, on ne peut définitivement pas resté insensible au charisme magnétique, à la voix sexy d’Alex Turner et aux monstres de compositions que sont « Do I Wanna Know », « I Bet You Look Good On The Dancefloor », « Arabella » et son clin d’œil au « War Pig » du Sabbath Noir, l’éclatante « 505 » et l’immense riff destructeur d’ « R U Mine » en clôture. Les Monkeys ne seront ici jamais aussi populaire que le phénomène Stromae, mais ils resteront infiniment plus mythiques.

La suite n’est qu’une histoire de wesh, wesh et de KFC, Disiz nous renvoie clairement dans les paddocks. Et tant pis pour Shaka Ponk.

Veni, vidi… vicious.

Jean Jean

Setlist :

Retrouvez la setlist du concert des Arctic Monkeys.

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