Steven Wilson - To The Bone
(2017)
Pistes :
01. To The Bone
02. Nowhere Now
03. Pariah
04. The Same Asylum As Before
05. Refuge
06. Permanating
07. Blank Tapes
08. People Who Eat Darkness
09. Song of I
10. Detonation
11. Song of Unborn
Musiciens :
Steven Wilson (guitare, basse, claviers, chant, …) - Guthrie Govan (guitare) - Robin Mullarkey (basse) - Adam Holzman (piano, orgues, claviers) – Jeremy Stacey (batterie) - …
Chronique :
Comment rebondir après l’immense réussite artistique et véritable succès critique qu’a été Hand.Cannot.Erase. ? Cet album immaculé aux mélodies alambiquées est le véritable point d’orgue des expérimentations prog-rock de l’ex-leader de Porpucine Tree. Dans la foulée, l’EP 4½ lui a emboîté le pas, non sans démériter d’ailleurs.
Emmené par d’autres vents créatifs, le merveilleux multi-instrumentiste relâche un peu la pédale prog et les ambiances crépusculaires pour se laisser porter vers des mélodies plus immédiates. Pardon ? Disons pop, Messieurs-Dames. Ne soyons pas vulgaires, inspirée par de grandes figures – Prince, Peter Gabriel, Tears Fo Fears, Pink Floyd… de ses propres aveux - la pop de Steven Wilson conserve toute sa part d’exigence et de travail d’orfèvre. Monstre de perfection dans l’hybridation mélodique, Steven Wilson échafaude ici des chansons aux riffs plus spontanés (« To The Bone », « The Same Asylum As Before », « Permanating », « People Who Eat Darkness »), une volée de ballades angéliques (« Pariah » et « Blank Tapes » avec Ninet Tayeb, « Song Of I » en duo avec Sophie Hunger sur fonds d’inquiétantes orchestrations de cordes) sans abandonner complètement ses aspirations progressives (« Detonation » et ses 9:19 instrumentales). Toujours bien accompagné par une formation de musiciens de très haute volée (qui l’accompagne en tournée) et co-produit avec soin par Paul Stacey, To The Bone est encore un modèle de production, avec ses doses homéopathiques d’instrumentations, des solos flamboyants et ses rythmiques rigoureuses.
Sans trahir ses précédents efforts, Steven Wilson dévoile donc sa part d’ombre, choisissant la pop pour planter le décor d’un monde qui finit par le terrifier. Pari risqué, résultat à la hauteur de l’homme.
Note Rocklegends : 3½ /5
Jean