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Triggerfinger - Interview - 16.10.2014Image (2014)

Embarqué dans les méandres des backstages de la Carène, on se dirige vers la loge de Triggerfinger. Le trio est un poil claqué par la route Cognac-Brest et le départ aux aurores. En dépit de ça, l’accueil est chaleureux, les mecs jouent le jeu et le moment est vraiment sympa. Echange avec un pur groupe de rock n’ roll venu défendre à Brest son quatrième album…

Rocklegends : Vous avez joué dans les festivals cet été et maintenant vous tournez un peu partout dans des salles. Que préférez-vous et préparez-vous différemment ces concerts ?

Ruben : C’est différent, en festival, tu es à 10 mètres des gens. C’est plus immédiat dans une salle. C’est très cool de faire les festivals… d’être UN des groupes sur l’affiche. En fait c’est bien de faire les deux…  En salle, tu peux poser ton atmosphère avec toutes tes lumières, en festival tu as une demi heure seulement pour tout mettre en place, tout doit toujours aller vite, alors que dans les salles tu as le temps de préparer.

Paul : Nous faisons à peu près le même show pour les deux. La seule différence, c’est que nous avons plus de lumières ici, le système est plus conséquent ! Dans tous les cas, on essaye de rester proche tous les trois, même quand c’est une grande scène.

Rocklegends : Vous avez joué un paquet de morceaux acoustiques pour les radios et émissions télé, avez-vous envisagé de faire une tournée acoustique un jour ?

Mario : Nous y avons pensé il y a quelques années, jouer ensemble en acoustique dans des salles. Parce que c’est vraiment différent. L’approche des chansons est réellement différente de ce que nous faisons maintenant. Tu dois de nouveau être plus créatif. Mais pour le moment, nous devons continuer comme ça car c’est encore en train de grossir… nous devons jouer aussi lourd que possible !

Rocklegends : Dites-moi, en Belgique, il y a un paquet de bons groupes de rock, comme dEUS, Ghinzu, Girls In Hawaii ou vous. Comment expliquez-vous cette culture ?

Paul : C’est une question qui revient souvent mais en réalité nous ne savons pas.

Ruben : Peut-être parce que nous sommes au milieu entre l’Allemagne, l’Angleterre et la France. Et toutes les influences viennent certainement de tous ces pays.

Paul : Mais c’est récent, avant dans les années 70, cette culture existait plutôt en Hollande qu’en Belgique. En Hollande, il y avait de gros groupes comme Focus ou Livin’ Blues… et d’un coup, le mouvement est arrivé en Belgique. Je pense que ça a commencé dans les années 80, avec TC Matic, l’ancien groupe d’Arno. Il a certainement poussé quelque chose de nouveau et des groupes ont grandi. Au début c’était surtout la Flandre et aujourd’hui il y a plein de bons groupes en Wallonie comme Ghinzu, Girl In Hawaii. C’est vraiment cool car avant, on pouvait beaucoup jouer en Wallonie mais pas tellement l’inverse. Et maintenant ça commence…

Rocklegends : Vous êtes très connus en Hollande et en Belgique, pensez-vous que le même succès soit possible en France pour vous ?
 
Ruben : C’est déjà cool que les gens viennent au concert. Nous n’avons pas besoin d’avoir des milliers de personnes pour que ça soit bien. Je ne pense pas que le succès se mesure au nombre de gens qui viennent au concert ou qui achètent les albums. Nous pensons que le succès c’est pouvoir faire ce que l’on veut, la musique que l’on veut, les disques que l’on veut… Nous sommes réellement libres !

Paul : Nous sommes plus libres que les groupes qui ont fait un ou deux tubes car les gens attendent des choses de la part de ces groupes. Nous n’avons pas besoin de faire ça ! Sauf peut-être au début avec « I Follow (Rivers) »… Mais avant, nous avions déjà du succès en Hollande et en Belgique. C’est vrai que cette reprise a rendu les choses plus grosses ! Ce qui a changé, c’est que nous tournons plus, plus longtemps, nous sommes moins à la maison et nous sommes plus crevés ! C’est la seule différence. Mais rien n’a changé depuis le premier jour pour nous, à part peut-être que nous jouons mieux.

Rocklegends : Et comment voyez-vous l’évolution de votre musique dans le futur ? Avez-vous une idée spécifique ou vous naviguez album après album ?

Ruben : Ca évolue toujours… A chaque fois que tu écris une chanson, il y a une certaine atmosphère et cela t’envoie dans une certaine direction. Sur notre dernier album, il y a des choses différentes par rapport à ce que nous avons fait avant. C’est juste que tu essayes de ne pas réécrire les mêmes chansons que tu as déjà écrites. Sinon ce n’est pas excitant… Nous n’avons pas d’idée fixe de là où nous devons aller. En réalité, c’est un voyage et tu trouves des trucs sur le bord de la route et parfois tu en abandonnes… Nous écoutons de la musique, nous regardons des films, nous découvrons de nouveaux artistes et tout cela influence ce que tu fais. Tous les trois, nous nous challengeons pour tenter de faire les choses les plus folles. En réalité, tu dois faire des choses simples. Mais faire des choses bonnes et simples, ce n’est pas toujours facile.

Paul : Ce qui est important pour évoluer, il faut travailler mais il faut aussi de la discipline. Quand un musicien parle de discipline, tout le monde s’étonne mais il faut s’éclater tout en étant discipliné. Surtout quand tu es dans une tournée comme celle-là…

Rocklegends : Sur votre nouvel album, vous sonnez encore très lourd, très brut. Pourtant, avec la voix de Ruben et votre jeu au feeling très bluesy, je suis persuadé que vous pourriez alterner quelques moments plus calmes et jouer sur des atmosphères plus posées en live, non ?

Ruben : Parfois on le fait … on a des passages plus délicats.

Paul : On joue chaque jour, on change des choses, on joue aussi des vieux morceaux. Sur le deuxième album, nous avons un morceau qui s’appelle « Soon » et que nous avons réenregistré en version acoustique. J’adore cette version et nous la jouons souvent… Ca donne une atmosphère très David Lynch, très mystérieuse parfois.

Rocklegends : Concernant By Absence Of The Sun, quel est l’impact de Greg Gordon sur votre son ?

Mario : Il est le quatrième membre, spécifiquement sur les deux derniers albums. La manière dont il travaille, dont il a travaillé avec des groupes de rock… Il a produit un paquet de disques de rock. En Belgique, il y a des bons studios et des ingénieurs mais ils doivent toujours travailler dans différentes sortes de musiques. Lui non, il travaille sur du rock n’ roll ! La manière dont il travaille est si fast, son esprit est très ouvert. Il se pose toujours des tas de questions.

Rocklegends : Il travaille à L.A., c’est certainement dans son caractère ?

Ruben : Non, en fait il est de Détroit !

Paul : Un journaliste Français nous avait d’ailleurs dit que nous avions du Détroit dans notre son ! Greg vit à L.A. mais c’est un type qui peut être nerveux, il peut même se mettre dans de grosses colères ! (rires)

Mario : En fait il vit à L.A. depuis 10 ans, il combine donc les deux… Il peut donc être cool et tranquille mais quand il se met au travail, si ça ne suit pas son idée, son caractère de Détroit ressurgit ! (rires)

Ruben : Ce qui est bien avec lui, c’est que des fois tu ne sais pas où les choses vont aller ni à quelle vitesse et parfois tu sens que tu dois passer à autre chose. Mais lui, il n’abandonne jamais, absolument jamais ! Et il sait qu’on doit tout faire pour enregistrer le meilleur album, tout le monde sait que c’est dans notre intérêt. Il peut travailler 10h sur un mix avec juste plus de café ! (rires)

Rocklegends : Pour conclure, que peut-on vous souhaiter de mieux pour l’avenir ? Un rêve ?

Ruben : On vit dedans !

Mario : More of this….

Quelques heures plus tard, le trio montera sur scène devant un parterre clairsemé. Mais une chose est claire, ils auront mis tout le monde d’accord après cette grosse déflagration parfaitement exécutée.

Propos recueillis par Jean Jean

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