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Rage Against The Machine - Rock En Seine - 20.08.2008Image (2008)Anthologique


Crédit photo :

Nicolas Messayasz Blog Rock En Seine

Rage Against The Machine à Rock En Seine, l'arrivée en prisonnier de Guantanamo.

Date et lieu :

Rock En Seine, Domaine de St Cloud, Paris - 20 août 2008




Commentaires :

Ne nous leurrons pas, cette soirée du 20 août ressemble plus à un concert en plein air de Rage Against The Machine précédé de trois premières parties, plutôt qu'à un festival (dont les deux autres journées sont prévues pour les 28 et 29 août…).

Qu'importe, car ce soir ce sont bien les Californiens qui mettent ras la gueule le site de Rock En Seine. Près de 30 000 pèlerins venus s'abreuver des messages anticapitalistes des Rage.

Découverte totale…

Sur les coups de 17h et des bananes, le duo garage Anglais, Blood Red Shoes, foule la scène pour quelques dizaines de minutes de rock minimaliste. Guitare/chant et batterie/chant, le minimum syndical pour envoyer le bois… Avec beaucoup d'humilité (et d'accent « Anglish »), les deux jeunes avoueront que Rock En Seine « est la plus grande place » où ils ont pu jouer un concert. Pas perturbés pour autant, la superbe guitariste et son batteur fougueux jouent quelques uns de leurs titres immédiats, rythmés et accrocheurs. La bonne découverte de la soirée.

Le respect des artistes en général me pousserait presque à occulter la prestation de The Lost Prophets… histoire de ne pas « boîter » leur musique comme un goret. Mais merde, un mec qui va voir Rage Against The Machine peut bien exprimer ses opinions ! Ce fût, comment dire… proche du lamentable. Aucune créativité, aucun charisme, un croisement de Worlds Appart et Tokyo Hotel. D'aucun dirait « c'est pas ma came… », pour faire sobre.

C'est Mix Master Mike, DJ des Beastie Boys qui a la lourde tâche de précéder les cultissimes Californiens… Je manque un peu de recul en la matière, mais le gars semble parfaitement maîtriser son truc et envoie du tubes par containers entiers : du White Stripes, du Metallica, du Nirvana, du Queen… de quoi surchauffer la pelouse. Impressionnant, mais un peu lassant.

De la Rage… rouge !

Dès son premier album (1992), RATM est devenu l'un des groupes les plus importants des années 90. Seize ans plus tard (et sept ans après leur séparation), se retrouver aux portes de Paris pour assister à un concert des Rage tient autant du miracle que de la chance. Une demi-heure avant le début, l'espace devient plus restreint que dans des chiottes à la Turc et l'air aussi rare que dans un sauna Scandinave. Je ne souhaite même pas le même traitement à une bande de sardine en boîte. « Hé les mecs, on va prendre cher ! », c'est clair ! L'attente est maintenant accompagnée de l'adrénaline… la messe est dite, le premier riff sera assassin. Les lumières s'éteignent, les sirènes sont lancées. Les quatre Californiens sont alignés sous l'étoile rouge (en fond), vêtus d'une tunique orange (référence aux détenus du Camp de Guantanamo) et d'une cagoule noire. Les roadies remettent leurs instruments aux membres toujours encagoulés. Morello entame l'intro de « Bombtrack »… c'est de la folie furieuse, indescriptible. Un pogo de 30 000 personnes. De La Rocha donne déjà tout, sans rien y voir : « Burn, burn, yes ya gonna burn ! ».

Passée la première rafale, Rage enchaîne une demi-heure d'émeute sismique à en déboussoler l'échelle de Richter, introduite par l'habituelle phrase du chanteur « We're Rage Against The Machine from Los Angeles California ! ». « Testify », « People On The Sun », « Bulls On Parade », « Know Your Enemy », « Bullet In The Head »... du brulôt en acier trempé, aiguisé pour la scène. Le public en transe fait des bonds de 15 mètres, plus rien n'est sous contrôle dans cette marée humaine... jamais vu un truc pareil. Malgré ce bordel, le public garde suffisamment de lucidité et de voix pour s'égosiller sur les refrains fédérateurs du groupe. De La Rocha laisse d'ailleurs volontiers la vedette au public...

Placé sous l'égide du spectre de feu Che Guevara, Rage transporte ses fans dans son tourbillon revendicateur. Mais loin d'être uniquement une machine à révolte, les Californiens sont, musicalement, à se taper le cul par terre (désolé pour la vulgarité, mais ça décrit le choc). Tim Commerford, le bassiste tatoué est aussi violent que groovy, Brad Wilk à la batterie est hallucinant techniquement, quant à Tom Morello, il est définitivement le guitariste le plus créatif de ces 20 dernières années. Chaque riff, chaque solo et chaque son semblent venus d'ailleurs. Morello est un DJ de la guitare, scratchant à tout va, un sorcier de la Wah Wah, un exorciste de la Strato, jouant des solos avec le bout de son jack… un extra terrestre. Toujours couvert de sa casquette, Morello saute et tourbillonne, fauchant l'air avec ses jambes.
Zack De La Rocha est possédé sur scène. Son chant hip hop est d'une clarté et d'une puissance phénoménale. Il avale des kilomètres de scène en sautant en permanence. Sa prestation coupe le souffle.

Le groupe temporise un peu la deuxième partie de son show avec des morceaux moins tubesques mais énormes comme « Born Of A Broken Man », « Calm Like A Bomb », « Sleep Now In The Fire » ou le final de « War Within A Breath ». Tous techniquement jouissifs.

Le rappel est introduit par une version Russe de « L'Internationale ». Un medley de « Freedom » et « Township Rebellion » réactive le public déjà flingué par tant d'offensives… Et bien entendu, « Killing In The Name » achève les derniers survivants avec un « Fuck you I won't do what ya tell me ! » assassin.

Après cette claque phénoménale, le public se disperse laissant un champ de bataille derrière lui… l'herbe verte du début n'est plus qu'un vague souvenir.

Peu importe les raisons de la reformation et les mauvaises langues qui dénoncent la seule envie de fric… ce soir la seule vérité est celle de la scène, et là tout le monde est d'accord. Car pour vivre ça il fallait être au combat. AN-THO-LO-GI-QUE, what else?

Jean Jean

(PS : on s'remet ça l'an proch' les barjots !)

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